Ce chocolat n’est pas équatorien mais colombien – cependant, comme il est fait par Pacari, on fera ici une exception!
Surtout qu’il est très particulier et digne de mention. Le premier réflexe que j’ai eu en le goûtant, c’est de me dire qu’il y avait surement de l’alcool dans le chocolat. Bien qu’il n’y ait pas d’ingrédient spécial, il y a une saveur prononcée d’alcool de canne à sucre, si bien que je me demande toujours si c’est ainsi qu’il est voulu ou si je suis tombé sur une tablette unique! Dans tous les cas, ça reste très agréable.
Comme souvent, il faut plusieurs morceaux pour profiter pleinement de la subtilité des saveurs de ce chocolat. Aux premières bouchées, c’est le goût acidulé du sucre de canne qui prend beaucoup de place – et qui, surtout, surprend. Pour les amateurs de rhum ou autres alcools de canne, la bouche réagit à cette saveur en se préparant au coup de l’alcool – qui n’arrive pas, et ça déconcerte. Les morceaux suivants rassurent: les papilles se sont habituées, et on peut profiter du goût plus chaleureux du cacao arriba.
J’ai gouté ce chocolat un peu après avoir goûté celui fait par Millésime à partir de cacao équatorien. La différence est flagrante! Ici, on a un chocolat doux et réconfortant, qui sait jouer dans les tons du chololat noir. C’est un chocolat fruité, fleural, dont le goût cependant ne dure pas très longtemps après qu’on l’ait fait fondre dans la bouche.
L’exemple parfait de ce qu’un chocolat noir peut offrir, en termes de plaisir et de subtilité, de réconfort et de finesse. Un grand chocolat!
(Note: la tablette que j’essaie est trop vieille et le chocolat s’est abîmé dans le temps. Je vais tenter de passer par dessus et d’imaginer une tablette fraîche – mais l’évaluation en pâtit évidemment, autant dans la texture que le goût.)
Pacari fait avec ce chocolat le pari du poivre doux. C’est gagné: sans qu’il pique, on sent le parfum du poivre se mélanger avec fougue à celui du chocolat. Les deux saveurs sont sur le même front; elles se mêlent néanmoins surprenament bien, de façon à ce qu’on puisse difficilement distinguer l’une de l’autre. C’est là la force de cette tablette: l’équilibre atteint donne l’impression de goûter quelque chose de nouveau, au milieu d’un spectre qui serait continu entre le poivre et le cacao.
C’est donc un chocolat qui profite plus de la finesse et de la subtilité de son cacao pour le marier que pour le savourer en tant que tel.
Note: ce chocolat a gagné le prix d’Argent aux International Chocolate Awards en 2017.
Quoi de plus classique de le chocolat à l’orange? Pacari s’y donne à coeur joie, avec un produit plus doux et sucré que son cousin à l’orange amère. Ici, pas d’acidité: c’est un goût rond et réconfortant dans une texture lisse et fondante.
Un classique, réussi à la manière Pacari.